L’Ethiopie, un développement à la pointe des énergies renouvelables

Troisième pays d’Afrique à avoir présenté ses objectifs en matière de lutte contre la changement climatique à la Convention des nations Unies en prévision de la conférence de Paris, l’Ethiopie fait aujourd’hui figure de leader en matière d’énergie renouvelable du continent africain. Disposant d’un potentiel hydraulique et éolien considérable, ce pays situé sur la corne de l’Afrique développe depuis plusieurs années de nombreux projets énergétiques renouvelables et entend diminuer de manière significative ses émissions tout en garantissant un développement énergétique et économique durable.

Déficit énergétique critique et changement climatique

L’Éthiopie fait face aujourd’hui à de graves problèmes d’approvisionnement énergétique. Plus de 75% des 94 millions d’Éthiopiens, principalement dans les campagnes, ne sont pas encore raccordés au réseau électrique national. Ceux qui le sont souffrent de coupures électriques régulières et les autres dépendent entièrement de poêles à bois, source importante de dioxyde de carbone. Les besoins en énergie sont donc énormes pour un pays qui devra accroître sa production électrique de 20 à 25% par an dans les années à venir.

Dépourvue de ressources fossiles, l’Éthiopie mise pour cela sur son important potentiel en énergies renouvelables afin d’alimenter son rapide développement économique et entend ainsi diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 64% d’ici à 2030. Un objectif ambitieux qui repose avant sur un mix énergétique composé principalement d’énergies hydrauliques et éoliennes.

Les eaux du Nil et ses barrages assurent en effet aujourd’hui plus de 90% de la production électrique du pays. Cette dernière est donc soumise aux aléas climatiques et aux nombreuses sécheresses qui touchent cette partie de l’Afrique, aléas climatiques qui devraient d’ailleurs s’aggraver au regard des conséquences du réchauffement progressif de la planète.

Un programme de développement des énergies renouvelables ambitieux

Le gouvernement éthiopien a donc lancé de grands projets d’infrastructure afin d’augmenter la production d’énergie renouvelable, dont la construction du barrage « Renaissance » sur la rivière du Nil Bleu, qui disposera d’une puissance de 6.000 MW en 2017.

« Notre priorité reste le développement de l’hydroélectricité, mais nous ne pouvons pas en dépendre totalement. Nous savons que nous serons affectés par le changement climatique. C’est pourquoi nous développons aussi l’éolien, la géothermie et le solaire » , explique le ministre éthiopien de l’Énergie et de l’Eau, Wondimu Tekle.

De nombreux projets éoliens ont donc été réalisés en parallèle dans un pays qui bénéficie de vents très importants selon les régions. Sur les hauteurs d’Adama,  qui culmine à plus de 2.000 mètres d’altitude, la nouvelle ferme éolienne Adama II a été inaugurée au mois de mai dernier à une centaine de kilomètres au sud-est d’Addis Abeba. Elle s’impose, avec ses 102 turbines d’une capacité cumulée de 153 MW, comme le parc éolien le plus puissant d’Afrique subsaharienne. On peut citer également le parc d’Ashegoda et sa production de 120 MW, ainsi que celui d’Adama I et sa capacité de 50 MW, qui font de l’Éthiopie un des leaders africains en matière d’énergie éolienne…

Rédigé par Thomas Livingston

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