Le Sénégal en avance pour la part de l’éolien dans son mix énergétique

Le parc éolien de Taïba Ndiaye, qui aura atteint les 158,7 mégawatts en mai, représentera à plein régime la moitié de l’énergie renouvelable du pays.

L’éolien devrait représenter plus tôt que prévu une part significative du mix énergétique du Sénégal, avec la production à plein régime prévue en mai du premier parc de turbines à dimension industrielle du pays, a-t-on appris, lundi 24 février, auprès de l’entreprise qui mène le projet.

Le parc éolien de Taïba Ndiaye (ouest), présenté par ses promoteurs comme le plus grand projet du genre en Afrique de l’Ouest, a été officiellement inauguré lundi par le président sénégalais Macky Sall. En réalité, 16 éoliennes injectent déjà 50 mégawatts (MW) dans le réseau national de la société nationale d’électricité (Senelec) depuis décembre 2019, a-t-on appris auprès de la firme britannique Lekela.

A terme, 158,7 MW seront livrés par 46 turbines s’élevant jusqu’à 180 mètres de haut, l’équivalent d’un immeuble de soixante étages, dans cette zone rurale proche de l’Atlantique.

Or le projet est en avance sur le calendrier « et la totalité des 158 MW sera sur le réseau au mois de mai », a affirmé dans un message transmis à l’AFP le directeur général de Lekela Sénégal, Massaer Cissé. En octobre, Lekela s’était donné toute l’année 2020 pour atteindre son objectif.

Le président sénégalais a présenté le parc comme un moyen d’atteindre l’objectif de fournir l’électricité à tous dans le pays et de combattre le réchauffement climatique : Taïba Ndiaye « permettra d’éviter le rejet de 300 000 tonnes de gaz carbonique par an, a-t-il fait valoir. Avec la dynamique que nous avons lancée depuis 2014, nous en sommes désormais à 22 % d’énergie renouvelable disponible sur l’ensemble de notre réseau national. »

Le parc alimentera avec 450 000 MW/h par an près de 2 millions de Sénégalais, sur une population de 15 millions. Macky Sall a évoqué la possibilité d’un nouveau contrat pour augmenter encore ces capacités.

Le développement énergétique est un chapitre capital du Plan Sénégal Emergent (PSE) élaboré par le pouvoir et qui vise à transformer l’économie du pays en croissance pour le mettre sur la voie de l’émergence d’ici à 2025.

Dans un pays où la pauvreté affecte environ 40 % de la population, la part de ceux qui ont accès à l’électricité est chiffrée à plus de 60 %, mais avec une forte disparité aux dépens des campagnes. Le pouvoir compte élargir l’accès à une électricité bon marché, augmenter les capacités de production et rééquilibrer le mix, où le pétrole et le charbon importés prédominent lourdement.

Avec son ensoleillement et plus de cinq cents kilomètres de côtes, le Sénégal dispose d’un potentiel d’énergie propre appréciable. Avec le fonctionnement à plein régime de Taïba Ndiaye, l’éolien représentera la moitié de l’énergie renouvelable disponible au Sénégal, à côté du solaire.

Lekela a par ailleurs des projets éoliens en opération en Afrique du Sud, et à différents stades d’avancement, également en Afrique du Sud en Egypte et au Ghana.

Initialement publié sur Le Monde

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