Les éoliennes, principal pilier de la transition énergétique allemande

A la suite des dramatiques incidents survenus en 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima, l’Allemagne s’est engagée dans son « tournant énergétique » (Energiewende). L’objectif ? Sortir du nucléaire d’ici 2022 et développer les énergies renouvelables à l’aide d’une généreuse politique de subventions. Mais alors qu’a été adoptée, en 2014, la loi EEG qui vise à accélérer ce processus de transition énergétique, les débats continuent à faire rage parmi les acteurs du secteur.

L’éolien prend le pas sur le photovoltaïque

S’il existe aujourd’hui un assez large consensus en Allemagne pour opérer une sortie du nucléaire, les différentes énergies renouvelables font quant à elles débat. En cause, leurs rendements respectifs et la maîtrise des coûts de production.
La récente loi EEG a tranché : les politiques de subventions seront remise à plat, avec une baisse des soutiens au photovoltaïque et une hausse des soutiens à l’éolien. Il faut dire que l’éolien prends les devants, puisque sa part dans le mix électrique allemand, désormais estimée à 9,1%, est plus élevée que celle du solaire. Au total, 24.000 fermes éoliennes ont produit de l’électricité l’an dernier en Allemagne.
Aujourd’hui, des acteurs divers et variés se lancent dans la production d’électricité à partir des mâts éoliens : entreprises, centres sportifs, propriétaires de maison, etc. Les 23 milliards d’euros de subventions accordées chaque année aux énergies vertes n’y sont sans doute pas étrangères. Résultat : un quart de la production électrique provient désormais des énergies renouvelables. A l’horizon 2020, l’objectif a été fixé à 35% ; puis à 60% en 2035 et 80% en 2050.

Priorité à l’éolien offshore

D’ici 2020, l’Allemagne prévoit de développer chaque année quelque 2.500 MWc de photovoltaïque et 9.000 MW d’éolien, dont 6.500 en mer (offshore). Pour l’heure, les mâts installés en mer du Nord sont encore relativement peu nombreux (258 répartis dans 16 parcs). Mais le potentiel de croissance de cette nouvelle source d’énergie est très prometteur.
Certes, le coût de production des éoliennes offshore, plus difficiles à produire, installer et entretenir,  demeure deux fois plus élevé que celui des éoliennes terrestres. Aujourd’hui, l’enjeu consiste donc à gagner en compétitivité grâce au progrès technique. Il faut dire qu’aujourd’hui, l’éolien offshore présente déjà un rendement deux fois plus élevé que les mâts terrestres. Les parcs offshore présentent par ailleurs l’avantage de générer moins de nuisances sonores et visuelles que les fermes terrestres.
D’ici 2050, le gouvernement vise ainsi 50 GW de capacités installées en mer. Une volonté politique dont devraient bénéficier certains territoires. La ville-Etat de Brême et son port de Bremerhaven, fortement touchés par la crise des chantiers navals, retrouvent ainsi une nouvelle activité industrielle grâce à la production et à l’implantation d’éoliennes offshore.
Rédigé par Fabien Maout
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