Solaire : vers une hausse des emplois

Selon les professionnels du secteur, la trajectoire définie par le gouvernement actuel permettrait de créer 10.000 emplois de plus en France en 2023.

Satisfaits de la trajectoire définie par le gouvernement actuel en matière de solaire, les acteurs de la filière veulent démontrer ses avantages -notamment en termes d’emplois- aux candidats à l’élection présidentielle, afin qu’elle ne soit pas remise en cause. Le syndicat professionnel Enerplan (avec notamment l’Ademe et le think-tank France Territoire Solaire) a ainsi commandité une étude prospective à un consortium de cabinets (I-Care, E-Cube et In Numeris). « Nous voulions mettre en avant les retombées socio-économiques de la Programmation pluriannuelle de l’Energie (PPE) et des volumes supplémentaires qu’elle va assurer à la filière : au total, jusqu’à 25.000 emplois pérennes et non délocalisables pourraient être créés d’ici à 2023 », explique Daniel Bour, président d’Enerplan.

Ce scénario permettrait de créer près de 10.000 emplois (6.200 emplois directs et 3.600 indirects), qui s’ajouteraient aux 11.500 actuels

Après plusieurs années de creux ayant suivi le moratoire de 2010, la ministre de l’énergie Ségolène Royal a fixé une trajectoire ambitieuse pour le solaire, inscrite dans la PPE publiée en octobre dernier : grâce à des appels d’offres réguliers, l’objectif est d’arriver, pour le photovoltaïque, à une fourchette de 18,2 à 20,2 gigawatts (GW) installés en 2023, soit entre 11 et 13 GW supplémentaires par rapport à aujourd’hui. « Ce scénario permettrait de créer près de 10.000 emplois (6.200 emplois directs et 3.600 indirects), qui s’ajouteraient aux 11.500 actuels », avance Richard Loyen, délégué général d’Enerplan. « Et même 5.000 emplois de plus si le parc solaire atteint 22 GW en 2023 ». Le scénario PPE apporterait aussi des revenus supplémentaires aux collectivités locales, évaluées à 128 millions d’euros par an à compter de 2023 et portant à 183 millions leurs recettes fiscales annuelles.

on pourra toutefois s’affranchir de tout soutien public dans certains endroits ensoleillés à horizon 2023-2025

L’étude veut aussi pointer la forte baisse du coût pour la collectivité des installations solaires, encore largement subventionnées aujourd’hui. Compte tenu du coût estimé à venir de l’électricité solaire (fermes au sol ou toitures), le soutien tomberait de 76 euros par mégawattheure (MWh) aujourd’hui à 51 euros en 2023, à comparer à 335 euros pour les installations historiques (entre 2006 et 2015). Soit, selon les calculs des experts, entre 600 millions et 1,1 milliard d’euros par an (en fonction de l’évolution des prix de marché) à compter de 2023 (et sur 20 ans). A rajouter aux 2,47 milliards annuels liés aux installations anciennes. « Compte tenu de la forte baisse des coûts du photovoltaïque, on pourra toutefois s’affranchir de tout soutien public dans certains endroits ensoleillés à horizon 2023-2025 », espère Antoine Huard, président de France Territoire Solaire.

10.000 emplois supplémentaires

L’étude comporte aussi un volet sur le solaire thermique (chauffe-eau solaires, systèmes pour réseaux de chaleur), qui emploie 1.500 personnes dans l’Hexagone aujourd’hui. La trajectoire PPE (qui prévoit entre 270 et 400 kilotonnes équivalent pétrole de production en 2023) permettrait de créer 10.000 emplois supplémentaires. Mais, les promoteurs de l’étude le reconnaissent, l’objectif semble bien plus difficile à atteindre.
Publié initialiement sur Les Echos par Anne Feitz

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