Recruteurs : faut-il se mefier des slashers ?

On appelle « Slasheurs » les actifs qui exercent plusieurs activités professionnelles parallèlement. L’expression vient de de la barre oblique de ponctuation « /». Ainsi, il est possible d’être « Consultant.e / Enseignant.e / Coach » ou encore « Ingénieur.e / Conférencier.e ». Pour la plupart des slasheurs, la pluriactivité est un choix volontaire pour varier les centres d’intérêt et se sécuriser financièrement. En tant que recruteurs, faut-il se méfier de ces profils atypiques ?

Les personnes cumulant plusieurs emplois, ce n’est pas nouveau ! Toutefois, la « tendance » slashing apporte quelque chose de nouveau : la revendication claire et affichée de cette polyvalence.

Le terme slasheur vient également de cette visibilité (le slash entre deux métiers sur les profils linkedIn). Que ce soit une réalité exercée ou une volonté de montrer aux futurs employeurs l’étendue de ses compétences, le nombre de profils de slasheurs sur les réseaux professionnels ne cesse d’augmenter.

Selon Marielle BARBE (référente dans l’univers du slash), auteure de « Profession Slasheur, cumuler les jobs, un métier d’avenir », le slashing est une alternative à la fameuse « vocation », cette obligation de choisir sa voie et d’avoir un parcours linéaire.

Les slasheurs sont perçus par les recruteurs comme des profils atypiques, de par la nature de leur mode de vie et de leur épanouissement professionnel (provenant de cette pluralité d’emplois, cette autonomie et cette flexibilité). Slasher n’exclut pas la recherche d’emploi ou de mission. Il faut donc que le slasheur soit bien conscient des « peurs » des entreprises et des recruteurs face aux profils pluriactifs.

En effet, voici 3 freins identifiés lors d’une enquête de Cadremploi auprès de recruteurs :

  • Pour une entreprise qui recherche des profils se projetant sur le long terme avec elle, les profils slasheur peuvent paraître instables.
  • Il peut y avoir une inadéquation entre la volonté de flexibilité du slasheur et les entreprises au déroulement de carrière dit « classique »
  • Une méfiance de certains recruteurs qui voient plutôt le slash comme de l’opportunisme et non comme une réelle envie de développement pluridisciplinaire de la part des slasheurs.

Néanmoins, malgré les freins identifiés, recruter un slasher a aussi des avantages : il sait créer des ponts entre des domaines a priori éloignés et sans connexion. C’est probablement sa plus grande force, cette capacité à créer des synergies entre des domaines si divers et donc à imaginer, à innover, à transformer.

En travaillant avec un slasheur, il ne sera pas rare de l’entendre dire « ah mais ça me fait penser à… ».

Evidemment, le slasher applique cette capacité à bâtir des ponts entre les personnes dont il s’entoure, favorisant ainsi une saine émulation, un travail collaboratif et parfois même de la co-construction. Car le slasher aime spontanément collaborer, découvrir le domaine de l’autre et s’enrichir de son univers.

En conclusion, le slashing, “nouveau mode “ de travail, se démocratise et s’officialise. Bien qu’il ne convienne pas à tout le monde, il permet à ceux qui s’y consacrent d’allier passion/carrière mais aussi diversité (et indépendance dans certains cas). Par obligation ou par ouverture d’esprit, de plus en plus d’entreprises s’ouvrent au profil de slasheurs. Et vous, êtes-vous prêts ?

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