Bordeaux : expérimentation d’une hydrolienne flottante dans la Garonne

La société Hydrotubec Energie teste actuellement à Bordeaux un concept novateur, protégé par brevet, d’hydrolienne flottante dans le fleuve de la Garonne. Un projet unique au monde, qui suscite bien des attentes, en France mais aussi dans les endroits les moins desservis par les réseaux électriques dans le monde.

L’hydrolienne flottante testée dans le fleuve qui traverse la ville de Bordeaux sera composée de deux éléments. Un flotteur, tout d’abord, qui a été mis à l’eau mercredi 29 avril. Celui-ci « a été imaginé pour être robuste et fiable, explique Franck Jouanny, président d’Hydrotube Energie à Sud Ouest. Il est en acier, est parfaitement symétrique et pourvu de grilles et de jupes latérales pour le protéger contre les embâcles ».

« S’il est flottant, ajoute-t-il, c’est pour des raisons de maintenance et de facilités d’installation ». C’est là l’un des principaux arguments développés par les promoteurs de cette hydrolienne : sa maintenance est facilitée par rapport aux modèles fixés aux fonds marins ou aux lits fluviaux, car elle peut être remorquée pour être réparée à terre.
Le deuxième élément de l’hydrolienne, qui sera fixé dès le mois de juillet sous le flotteur, est un générateur doté d’une hélice d’un diamètre de 3,50 mètres. Celui-ci est actuellement construite dans les ateliers d’Hydrotube Energie.

L’hydrolienne, conçue pour résister aux caprices du fleuve, sera unique en son genre, comme l’explique Gildas Gérard, ingénieur chargé de la partie mécanique : « des hydroliennes à axe horizontal, ça existe, des flotteurs, ça existe. Mais les deux ensemble, c’est une première ».

La phase de tests a vocation à permettre une évaluation du comportement marin du flotteur. Prévue pour durer six mois, l’expérimentation vise à prouver la fiabilité et la pertinence de l’usage de ce nouveau dispositif. In fine, l’hydrolienne flottante sera installée soit près du Pont d’Aquitaine, soit à proximité du Pont de pierre dans le cadre du projet Seeneoh (site expérimental estuarien national pour l’essai et l’optimisation hydrolienne), lequel vise à tester en conditions réelles sur une surface de 7 hectares divers projets d’hydroliennes fluviales.
« Notre objectif est de vendre [l’hydrolienne flottante] en Afrique, aller apporter de l’électricité dans des villages qui ne sont pas desservis par un réseau électrique, des sites qui sont isolés », indique Franck Jouanny. Plusieurs nations africaines se sont d’ores et déjà montrées intéressées, et des contacts ont été entrepris avec Jean-Louis Borloo, président de la fondation Energies pour l’Afrique.
Si l’hydrolienne flottante testée à Bordeaux est une première en France, ce n’est en revanche pas le cas de l’hydrolien fluvial. La ville d’Orléans accueille ainsi depuis novembre 2014 une hydrolienne fluviale, installée au fond de la Loire. Posée à 3 mètres de profondeur au cœur du courant de 2 mètres par seconde, celle-ci a atteint son rythme de croisière et pourrait à terme alimenter plusieurs dizaines de foyers en électricité.
Rédigé par Fabien Maout
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