Solaire : le plan du gouvernement pour passer à 32% d’énergies renouvelables en 2030

Le gouvernement dévoile ce jeudi 28 juin une série de mesures pour développer l’énergie solaire sur le territoire. Comme l’annonçait déjà Sébastien Lecornu, le secrétaire d’État chargé de la Transition écologique et solidaire, dans La Tribune le 5 juin dernier, l’État veut promouvoir l’énergie photovoltaïque pour porter le taux d’énergie renouvelable à 32% en 2030 (contre 22% aujourd’hui). Les particuliers, les entreprises et les collectivités seront encouragés.

Cap sur le solaire thermique et le photovoltaïque. Ce jeudi 28 juin, le gouvernement dévoile officiellement son plan solaire qui vise à passer à un tiers d’énergie renouvelable d’ici à 2030(contre 22% aujourd’hui). Pour y arriver, l’État prévoit des aides supplémentaires pour les particuliers et les agriculteurs, et compte exploiter quelques hectares de surface disponible auprès de la grande distribution et de l’armée pour y installer des parcs solaires.

En première ligne, Sébastien Lecornu, le secrétaire d’État auprès du ministre Nicolas Hulot, en charge de la Transition écologique et solidaire, qui avait déjà fait connaître ses pistes de travail lors d’un entretien accordé à La Tribune le 5 juin dernier.

La prime d’achat d’un chauffage solaire va augmenter dès 2019

Pour développer le solaire thermique, c’est-à-dire la production de chaleur à partir de panneaux photovoltaïques, le gouvernement va donc augmenter la prime à l’achat des chauffages et chauffe-eau solaires à partir de l’an prochain.

La France s’est fixée comme objectif d’installer entre 18.200 et 20.200 mégawatts (MW) de capacités solaires d’ici à 2023, contre environ 8.300 MW à fin mars 2018. Pour accélérer le développement de cette énergie, le gouvernement a déjà augmenté en début d’année le volume annuel des appels d’offres à 2.450 MW, contre 1.450 MW initialement.

Des toits de la grande distribution aux friches militaires

Comme le révélait Sébastien Lecornu dans La Tribune le 5 juin dernier, l’État va simplifier les démarches des supermarchésqui s’engagent à installer des panneaux solaires sur leurs parkings ou sur leurs toits.

« Les magasins de la grande distribution, qui disposent de surfaces importantes et dont les horaires de consommation (pour le froid et la climatisation, ndlr) coïncident avec la production solaire, sont de parfaits candidats à l’autoconsommation (…) Les résultats des derniers appels d’offres, dont 70% ont été remportés par la grande distribution, prouvent que le solaire est devenu rentable pour ce segment de marché », avait-il indiqué dans un entretien pour La Tribune.

Les enseignes Auchan, Les Mousquetaires, Systèmes U et Leclerc ont chacune promis de réserver des dizaine d’hectares de terrains pour installer des parcs solaires, apprend-t-on dans les colonnes du Parisien.

Par ailleurs, le ministère des Armées s’est également engagé à céder 2.000 hectares de terrains pour différents projets photovoltaïques d’ici à 2025. Et pour mobiliser les agriculteurs, le gouvernement va prendre en charge 40% du coût du raccordement au réseau électrique des panneaux solaires qu’ils installeront sur leurs exploitations, a indiqué le ministère, confirmant des informations de France Info.

Les bâtiments classés pourront devenir producteurs d’énergie solaire

Dans nos colonnes toujours, Sébastien Lecornu avait également indiqué qu’il travaillais avec Stéphane Bern, en charge de la Mission patrimoine, pour lancer d’ici à la fin de l’année le premier appel d’offres « énergies renouvelables et patrimoine ». Concrètement, le patrimoine français pourrait être mis à contribution dans la production d’énergie solaire, via des tuiles discrètes présentes dans les toitures des bâtiments classés.

« Petite hydroélectricité pour les cours d’eau, tuiles solaires pour les dépendances, méthanisation à partir des exploitations agricoles ou des haras souvent présents sur les domaines… Le développement des énergies propres constitue pour les propriétaires une piste supplémentaire pour diversifier leurs sources de revenus. Pour la première fois, nous travaillons avec les associations patrimoniales qui étaient jusqu’ici plutôt en froid avec les acteurs des énergies renouvelables. Cette collaboration doit permettre de limiter les contentieux », avait-il précisé.

Publié initialement sur La Tribune du 28 juin 2018

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